ACCUEIL ANNUAIRE CONTACT
Saint-Hubert

 

 

Page d'accueil
Les Cartes Postales
Listing Editeurs Locaux
Listing Editeurs Nationaux
Quelques cartolistes
Quelques belles séries
SITES "BORQUINS"
Bibliographie
Autres documents
Liens
ARCHIVES
LIVRE D'OR


Archives / Divers / Les reliques de Saint-Hubert

Les reliques de Saint-Hubert

Dans son édition des lundi 13 et mardi 14 février 1899, L'Avenir du Luxembourg se penche sur les reliques de saint Hubert, ou plutôt sur leur caractère sacré et le commerce qui en découle. L'occasion de régler quelques comptes avec Le Peuple.

Une fois de plus nous le prenons la main dans le sac, ce Peuple, organe des Socialistes. Aux moindres occasions, il chante qu'il aime la religion, qu'il n'y a rien de plus pur que le fond de son âme, qu'il aime les prêtres et la religion.
Or, dans un de ses derniers numéros, ce journal socialiste traite les reliques vénérées de saint Hubert de "vieilles loques de saints", et pour prouver la vénalité des curés il publie la circulaire suivante. Il est évident que cette circulaire émane d'un industriel malin qui se recouvre le visage d'un masque religieux pour attraper les gogos. Le Peuple sait cela - on ne nous fera pas croire qu'il est assez bête pour l'ignorer - mais il feint de croire que la Religion est mêlée en quelque chose au commerce du négociant en choses bénies : son intention évidente est de faire pâlir le culte de saint Hubert des agissements du sieur De Wulf.

Voiçi cette circulaire :
"Je, soussigné, ai l'honneur de vous annoncer que je suis arrivé ici avec un grand assortiment d'articles bénits, que j'apporte directement de Saint-Hubert.
Ces articles bénits, servant exceptionnellement contre toutes les rages, sont bénits et touchés au siège miraculeux du saint Père Hubert : les personnes qui possèdent de mes articles bénits peuvent être assurés (sic) d'éloigner d'eux toutes sortes de rages, comme nouvelles bagues, boules d'oreilles, paternostres, médailles, scapulaire, etc. etc.
Jusqu'ici personne n'a eu telle occasion d'acheter de ces articles bénits; tout le monde fera donc bien dans un temps comme celui-ci où on entend beaucoup parler de rage de se munir de mes articles, afin de se préserver ainsi que ses enfants contre toutes sortes de malheurs, provenant de rages.
Afin de vous convaincre de l'authenticité de mes articles bénits, je vous présenterai mes certificats signés et timbrés du doyen de la Sainte Eglise et du Bourgmestre de Saint-Hubert.
Je suis aussi muni de la clef de saint Hubert, servant à brûler toutes races de bêtes. Tous ces objets sont achetés avant la bénédiction, parce qu'après la bénédiction on ne peut plus faire de prix et vendre les objets ni plus ni moins cher, ou la bénédiction n'est d'aucune valeur. En venant reprendre ce billet j'aurai l'honneur de vous présenter mes articles bénits.
Votre serviteur Auguste De Wulf, de Saint-Hubert."

Pour l'édification de ceux qui auraient lu l'article du Peuple , nous répondrons par les affirmations suivantes puisées à la meilleure source :

1. De Wulf est un nom complètement inconnu à Saint-Hubert
2. Autrefois, on délivrait, en effet, des certificats constatant que les objets avaient été bénits et avaient touché la Sainte-Etole. Ayant appris que certains marchands abusaient de ces certificats, on les a supprimés.
3. Il n'existe, à Saint-HUbert, aucun siège miraculeux du Saint-Père Hubert.
4. L'industriel en question ne peut pas "venir directement de Saint-Hubert" avec ses articles et certificats, puisqu'il y a plus d'un an qu'on ne délivre plus de certificats.
5. Le timbre du Doyen et du Bourgmestre est un comble, comme bien vous pensez. Le prêtre qui délivrait le certificat le signait après l'avoir rempli ( le texte était imprimé et portait le cachet du pèlerinage de Saint-Hubert), et vous comprenez que jamais bourgmestre de Saint-Hubert n'a fourré son nez dans tout cela.
Il y a deux ans, le même prospectus avait été répandu dans les environs de Gand, et à la demande de M. le doyen de Saint-Hubert, le Bien Public publia un avis pour mettre en garde les catholiques contre l'exploiteur De Wulf.
On voit donc que loin de profiter de ce commerce, l'Eglise, les prêtres, les journeaux catholiques le blâment et usent du seul moyen qui soit en leur pouvoir pour avertir le public et le mettre à même de ne pas se laisser exploiter par le premier colporteur venu.
Nous n'attendons pas de la loyauté du Peuple qu'il rectifie ses mensonges voulus.

 

Copyright 2008 - 2010
Dernière mise à jour le 17/07/10 18:12